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Côte d’Ivoire : le pari de la souveraineté alimentaire passe par le riz local en 2026

Posté le 22 septembre 2025 par Excellence Afrik
Actualité du jour
Côte d’Ivoire : le pari de la souveraineté alimentaire passe par le riz local en 2026

(Excellence Afrik) – La Côte d’Ivoire multiplie ses actions en faveur de sa souveraineté alimentaire, plus précisément dans le riz. Dans la perspective d’encourager l’État ivoirien à gagner en efficacité, des producteurs et spécialistes dans le secteur du riz encouragent l’État à inciter les populations à prioriser la consommation locale.


Dans une analyse dont la rédaction d’Excellence Afrik a eu copie, Éric Serge Mbo, entrepreneur ivoirien, fait l’amer constat que depuis les années 1960, « la Côte d’Ivoire dépend massivement des importations de riz pour nourrir sa population ».

Il note qu'en 2025, c’est près de 1,5 million de tonnes de riz importé qui ont débarqué dans les ports ivoiriens, représentant une facture annuelle astronomique de plus de 400 milliards de FCFA. Pourtant, le pays dispose d’un potentiel agricole immense capable de couvrir une large partie de ses besoins.


Miser sur des mécanismes pour stimuler la consommation du riz local dès 2026


Pendant que le gouvernement vise l’autosuffisance rizicole d’ici 2030, Éric Serge Mbo croit qu’il serait plutôt judicieux de trouver des mécanismes pour stimuler la consommation du riz local dès 2026. À cet effet, il propose de changer la perception des consommateurs afin de briser ce mythe laissant croire que le riz importé est plus homogène et de meilleure qualité. « Aujourd’hui, les riz locaux rivalisent en goût et en valeur nutritive », lance-t-il. Pour briser ces préjugés, le gouvernement doit mener une campagne nationale de communication pour repositionner le riz local comme un produit moderne, sain et accessible. Et cela en collaboration avec des chefs et influenceurs culinaires pour mettre en avant ses atouts. Ensuite, améliorer la distribution et l’accessibilité. Surtout que l’irrégularité de l’approvisionnement reste un frein majeur.

Par ailleurs, Éric Serge Mbo préconise des investissements dans la logistique et le stockage pour une disponibilité permanente, le développement des circuits courts entre producteurs et consommateurs urbains, la création des formats adaptés (1 kg, 5 kg, 25 kg) pour tous les segments et le renforcement de la compétitivité-prix car le différentiel de prix entre riz importé et local persiste.

À ces pistes de solutions, il ajoute des incitations fiscales pour les acteurs locaux, la réduction des coûts via la mécanisation et l’accès aux intrants de qualité, la valorisation de partenariats public-privé pour des investissements à grande échelle ainsi que des innovations dans la transformation du riz local pour limiter le désordre dans la livraison.


Standardiser les emballages et introduire des labels de qualité pour garantir la traçabilité



Éric Serge Mbo qui « développe » des produits dérivés (riz précuit, riz parfumé, farine de riz) suggère aux autorités que soient standardisés les emballages et introduits des labels de qualité pour garantir la traçabilité, mobiliser la restauration et la distribution moderne impliquant les acteurs clés de la consommation de masse. Tels que les cantines scolaires, les hôpitaux, les hôtels, les restaurants et les grandes surfaces en les incitant à consacrer des rayons privilégiés au riz local.

« Après plus de 60 ans de dépendance aux importations, la Côte d’Ivoire a aujourd’hui l’opportunité historique de faire du riz local un pilier de sa souveraineté alimentaire et de son développement économique. En combinant communication, innovation, compétitivité et distribution efficace, le pays peut transformer la perception des consommateurs et atteindre un nouveau cap dès 2026. Chaque bol de riz local consommé est un pas vers l’autosuffisance, la valorisation du terroir et la création d’emplois durables pour les jeunes et les femmes du pays », a-t-il conclu.

 

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