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Sénégal : les autorités rejettent la note de l’agence Moody’s jugée « spéculative, subjective et biaisée »

Posté le 12 octobre 2025 par Excellence Afrik
Actualité du jour
Sénégal : les autorités rejettent la note de l’agence Moody’s jugée « spéculative, subjective et biaisée »

(Excellence Afrk) - Les autorités sénégalaises ont rejeté en bloc la dernière évaluation de la dette souveraine du pays publiée par l’agence Moody’s. Selon Dakar, les justifications avancées par l’agence « ne reflètent pas la réalité » et reposent sur des « hypothèses spéculatives, subjectives et biaisées ».


Le gouvernement sénégalais a réagi sans tarder à cette dégradation. Dans un communiqué diffusé le samedi 11 octobre, le ministère des Finances a déclaré avoir « pris connaissance avec regret » de la décision de Moody’s, estimant qu’elle « ne reflète ni la solidité des fondamentaux économiques du pays, ni les mesures de politique publique mises en œuvre pour consolider la stabilité budgétaire et renforcer la soutenabilité de la dette ».


Les autorités dénoncent par ailleurs « une ligne de conduite douteuse de Moody’s envers le Sénégal » et appellent l’agence à « davantage de rigueur, d’objectivité et de responsabilité dans ses analyses ».

Ce qui irrite Dakar

Le vendredi précédent, Moody’s a abaissé d’un cran la note de la dette à long terme du Sénégal, la faisant passer de B3 à Caa1, assortie d’une perspective négative. Cette dernière indique que l’agence envisage une nouvelle dégradation dans les six prochains mois. Il s’agit de la deuxième baisse de notation en 2025, après celle intervenue en février, où la note avait déjà été abaissée de deux crans.


Moody’s justifie sa décision par « l’augmentation des risques liés à la trajectoire d’endettement et à la disponibilité des liquidités depuis la précédente évaluation ».

Le Sénégal traverse actuellement une situation économique préoccupante, marquée par un déficit budgétaire de 14 % et un endettement public équivalant à 119 % du PIB.


En août dernier, le Premier ministre Ousmane Sonko a présenté un plan de redressement économique et social, financé à 90 % par des ressources internes, dans le but de renforcer la souveraineté financière du pays.

Des financements internationaux plus difficiles à obtenir

Face à la raréfaction des financements extérieurs, le Sénégal a multiplié ces derniers mois les émissions sur le marché financier ouest-africain. Les nouvelles autorités, en place depuis 2024, accusent l’ancien gouvernement du président Macky Sall (2012–2024) d’avoir dissimulé les véritables chiffres relatifs à la dette publique et au déficit budgétaire.


Le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé l’existence de « déclarations erronées significatives » concernant les déficits et la dette publique sur la période 2019–2023. En conséquence, les décaissements du Fonds ont été suspendus, dans l’attente d’engagements fermes du nouveau gouvernement pour éviter toute répétition de ces pratiques.


Début octobre, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a salué les efforts de transparence du gouvernement sénégalais ainsi que sa demande officielle d’un nouveau programme d’aide.


Les négociations devraient se tenir lors des réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale, prévues à Washington à partir du mardi 14 octobre.

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